Moment rare…

Finalement, mon blog pourrait devenir le blog des jours sans vent à Saint-Pierre et Miquelon.

Un blog hyper spécialisé, donc, et qui n’aurait que très peu d’articles par an !

En allant conduire les enfants à l’école c’était si beau dans le port que je suis retournée à la maison chercher mon appareil photo. La luminosité n’attend pas, le orange du lever de soleil était déjà parti quand j’ai été prête, mais même avec ce retard à l’allumage, j’ai pu photographier cet air cristallin, magnifique.

Les JSV me rappellent pourquoi j’ai voulu revenir m’installer dans  l’archipel quand le moment a été venu de faire un choix.

Je suis décidément un animal météo-centré !

Mettez moi de la pluie et des rafales de 40 noeuds (avec de 25 noeuds, ça marche aussi) et je vendrais tout ce que j’ai de plus cher pour quitter cet archipel qui ne veut pas de moi. Dès que le temps se calme, que le vent s’arrête, je cesse de lutter contre les éléments et vraiment, je suis ravie d’être sur cet archipel qui peut être si beau.

Compliqué, quand on sait l’impact que ma volonté seule peut avoir sur le climat !

Il ne me reste plus qu’à profiter de l’instant.

Sautez vous qui avez des bottes !

Sautez vous qui avez des bottes !

C’est en ces termes que Grand-Père nous accueillait mon cousin Xavier et moi à notre arrivée au plain, au début de notre séjour estival à Langlade.

Anse du GVT - Langlade

Le zodiac tenu fermement par des « bonhommes » nous sautions sur les galets en prenant garde à ne pas glisser. Un appui sur un boudin, une main saisie, un bras serré et hop, les deux pieds sur Langlade, à l’Anse du Gouvernement.

Premières secondes des jours heureux de nos vacances d’été.

Le matin, nous nous étions levés de bonne heure pour embarquer d’abord sur le Marguerite H, dans mes souvenirs les plus lointains, puis sur le Mousse.
L’un et l’autre étaient des petits longliners reconvertis pour le transport de passagers – et de toutes sortes d’autres choses, entre Saint-Pierre et Langlade.

Le Mousse était d’un rouge corail pimpant. A l’extérieur, il était équipé de bancs de bois peints en blanc, sur babord et tribord. Au centre, souvent des cabanes à chiens ou des petits groupes de Langladiers émérites posés les jambes  un peu écartées pour resister au roulis.  A l’aller les bancs de babord nous accordaient une vue magnifique sur le Grand Colombier et ses macareux, c’était là que j’avais mes quartiers, quel que soit le temps.

Les hommes restaient debout et fumaient, et les plus frileux papotaient à l’intérieur à côté du carré à bagages.
Ca sentait le pain frais et l’huile de moteur.
Je n’aimais pas beaucoup le bateau mais, comme tous les enfants, j’admirais son capitaine.

Pour nous, un demi-dieu, pour les adultes, un « sacré bon marin ». Pour tous, Jeannot.
Grand, beau, inaltérable, avec sur le visage toujours cette expression de calme olympien et de maîtrise totale des éléments, Jeannot avait ce charme fou qui séduisait tout le monde, hommes ou femmes, toutes générations confondues.
Son travail de capitaine ne se limitait pas à nous amener à bon port, et pour cause : il n’y avait pas de port là où nous allions…  (En 2014 c’est toujours le cas et nous espérons tous qu’il se sera ainsi pour l’éternité.)  Après une bonne heure de route, une fois le Mousse au mouillage face à l’Anse du Gouvernement il nous fallait descendre dans un zodiac annexe avec lequel nous rejoignions la grève. Les plus chanceux des petits se mettaient à côté de Jeannot et c’est EUX qui pilotaient ! Leurs vacances commençaient par quelques instants d’une fierté intense !
Une fois au plain, quelques costauds se saisissaient l’embarcation pour l’immobiliser autant que faire se peut pour que nous en sautions.

Anse du GVT 3- Langlade
Par temps calme, une pissée de lapin.
Par gros temps ou en hiver, une tout autre affaire.
Jeannot, qui l’an dernier pratiquait encore, connaissait tout des vagues, des mouvements du zodiac et du moment opportun pour sauter sans trop se mouiller les pieds.
Une lame arrivait ?… pas de panique, il nous disait doucement « Attends un petit peu, hein… ». On écoutait, on attendait, on bondissait au signal.
Tout avait l’air de couler de source.
La maitrise était parfaite,
Jeannot était notre héros.

Entrait alors en scène l’autre idole de notre enfance : Grand-Père, Georges Ozon pour les locaux.

Il était venu nous chercher avec sa Land Rover bleu pétrole. Suivant son commandement,  nous avions vite atterri à ses côtés, près à regagner Inachi où nous attendait Grand-Mère, Madeleine.

A l’arrière de la jeep, des petites banquettes se dépliaient et nous nous trouvions assis perpendiculaires à la route. Ça n’a l’air de rien, mais on adorait ça. On s’accrochait à une petite bande de coton bien pensée et l’équipée prenait un air d’expédition.

On quittait le Gouvernement pour arriver au Coin du Sable et entamer la traversée des terrains de chez René. Cette route, presqu’un sentier, n’existe plus depuis bien longtemps. Herbeuse, jalonnées de très gros trous sableux c’était ma Nationale 7 à moi.

Ferme Olivier 3

J’entends encore les grincements de la Land Rover que couvrait à peine le joyeux bavardage de Grand-Père.

On le taquinait, le soleil de juin lui avaient déjà fait une marque en biais sur le front, juste à l’endroit où posait ce béret dont il ne se départissait jamais pour peu qu’il soit à l’extérieur. Il nous disait  » aaahhh! …. Torrressionne … Si mon fiseu Tienne… » en grondant et on riait encore plus !

Ah … on arrivait chez René. Il fallait s’arrêter pour dire bonjour. Et probablement échanger quelques informations sur les vols de canards noirs ou sur des chevreuils venus s’aventurer près des habitations.

Monsieur et Madame Olivier possédaient les grandes et magnifiques prairies que nous devions traverser pour atteindre Inachi. Pendant leur jeunesse ils avaient exploité la ferme et divers grands jardins mais je n’en sais pas grand chose, moi je n’ai connu que l’étable, près de leur maison qui accueillait me semble-t-il encore quelques vaches et chevaux. A 6-7 ans, je ne m’intéressais pas tellement à ce que les messieurs dames de l’âge de Grand-Père avaient bien pu faire. Je me souviens de l’odeur : le foin, l’herbe, les sacs de grain pour les chevaux.

Merci pour la photo Dédé

Je me souviens par contre très bien de leurs chiens et surtout de leurs niches. Ces braves bêtes se trouvaient être locataires de niches rondes. J’étais fascinée : comment ça pouvait être à l’intérieur ???

Ça n’avait pas l’air de les rendre heureux parce qu’ils aboyaient beaucoup et ne présentaient aucune sympathie pour les passants. Leurs niches avaient été découpées dans de très grosses bouées, l’une orange, l’autre beige. Je n’ai jamais réussi à tisser des liens d’amitié assez forts avec l’un ou l’autre des occupants pour y entrer, c’est dommage…

On tirait Grand Père par la manche pour qu’il arrête de « blaguer » et on repartait. Il pourrait toujours revenir voir René demain matin après sa chasse matinale dans les marais.

Nous, on voulait voir Grand-Mère !

 

– à suivre … il y a tant à raconter.

(si vous en possedez, n’hésitez pas à publier des photos de l’époque en commentaires, ça fera plaisir à tous ! merci !)

 

 

 

 

J’aime les pissenlits.

Pissenlits 3  Le pissenlit est ma fleur préférée.

Non, non, …je ne suis pas en train de la jouer Petite Soeur des Pauvres. Pas du tout.

Le pissenlit est réellement ma fleur préférée.

Je le guette chaque printemps. Je l’attends. Cette année, les fleurs sont arrivées en retard, mais on ne leur en veut pas… Annus horribilis !

Pensez-y, quelle fleur peut vous annoncer les beaux jours avec autant d’acuité que le pissenlit ?

Une hirondelle ne fait pas le printemps, certes, une brassée de pissenlits par contre, tiendra toutes ses promesses. Les coulées jaunes sur fond vert foncé sont bel et bien gages que les beaux jours reviennent.

Pissenlits 4

Le pissenlit a le bon goût d’arriver de lui-même, sans avoir eu à être planté. Et quand il arrive, attention, c’est en fanfare ! il n’est pas du genre qui apparait timidement, sur la pointe des pieds ! Du jour au lendemain, il est partout à la fois et la ville se pare d’un jaune flamboyant qui répond aux rayons de l’astre tant attendu.

Le pissenlit est modeste et n’a pas de parti pris. Il s’étale dans les jardins publics, s’invite chez les jardiniers experts, prospère dans les trottoirs fissurés. Partout,… en milliers de tâches jaune orange comme autant de sourires.

Le pissenlit est la fleur de la joie.

Et c’est la fleur des enfants.

Rappelez vous du premier bouquet que votre enfant vous a offert. C’était 4 fleurs de pissenlits avec des tiges de longueurs différentes que vous vous êtes empressé d’aller mettre dans un verre d’eau, avant d’embrasser le bout d’chou, tout ému.

Le pissenlit se met à la portée de tous et sait véhiculer les sentiments les plus purs. Il mérite le respect.Pissenlits 2

Il vivra un peu plus longtemps que « l’espace d’un matin », il laisse l’instantanéité aux délicates rosacées, c’est heureux. Cependant, quand il se fane, c’est peut-être là que la féerie se révèle. Qui pourrait imaginer que ce cercle pétillant si jaune va devenir ce fragile objet, parfaite sphère de duvet blanc ?

Une métamorphose qui inspire les poètes, les faiseurs de dictionnaires et toujours les petits enfants.

Quel plaisir de souffler  sur un pissenlit en boule, de regarder la myriade de petites graines se balancer au vent, attelées à leur gracile parachute.

En totale apesanteur, déjà indifférentes aux lois du genre terrestre.

Flocons glissants dans l’éther d’une soirée d’été.

 

Pissenlit 5

 

 

 

 

 

Calme Vert

KAYAK PORT REDIM   Tout d’un coup, brutalement, le vent s’est arrêté, la température est montée, l’environnement a cessé d’être hostile.

Le Printemps est arrivé. Un choc.

Après ces dernières semaines subies comme un hiver austral qui se serait trompé d’adresse c’est un profond bouleversement. Pour la nature, et pour les hommes.

Des mois de froid, neige, vent et bourrasques et voilà que subitement, la lutte s’arrête. Ou marque une pause.

Le combat prend fin faute de combattant. Aujourd’hui l’hiver s’est éclipsé.

Un répit. Quelle étrangeté ! Je marche en ville en écoutant les oiseaux, les portières des voitures qui claquent, un chien qui aboie. Les voix au loin  me reviennent en écho. Habituellement le vent couvre ces bruits familiers. Nous vivons dans une bulle sonore.

Plus un souffle, et le monde prend de la profondeur. Je prends conscience qu’il existe autre chose que ce qui est devant mes yeux. Je peux percevoir les bruits de la rue d’à côté. Elle devient réelle. C’est jouissif. Une sensation de confort, d’être au monde.

 

J’ai envie de voir le calme, je pars à un bout de Saint-Pierre, à l’Anse à Brossard.

RIVAGE

Je m’assoie sur le rivage.

Ici, habituellement, les vagues se fracassent sur la grève, malmènent les rochers. Le lieu est austère par mauvais temps, malgré un panorama toujours intéressant, plein ouest.

Et là, cet après midi, je peux m’y asseoir et me sentir bien.

Juste un doux clapotis de vaguelettes paresseuses, un petit roulis de galets inoffensifs, le monde est bienveillant.

Un garçon vient jeter des cailloux dans l’eau. Il tient son petit chien en laisse. L’ensemble est presqu’un tableau naïf.

En face, Langlade ne s’est toujours pas débarrassée de ses tâches blanches, comme une maladie qui s’accroche. Cette neige, toujours présente me rappelle ce que l’on vient de vivre; Elle me dit qu’on est de revue. Mais pour le moment, elle est sur l’autre rive.  Je suis au printemps, loin.

A côté de moi, près du rocher plat sur lequel je me suis installée, une masse verte. Il fait tellement beau, je m’attarde et regarde. Ma capacité d’émerveillement est intacte. Soulagement….

Le vert est beau comme un alpage. Vif, velouté. Sublime. Le vert des pommes que les décorateurs nord-américains disposent dans les endroits trop épurés pour leur redonner du tonus. Martha Steward ne l’aurait pas renié. Il n’est pas là par hasard !

Un vert qui ramène à la vie, une soierie rutilante. Une ode au soleil. Je m’attends à voir arriver les nixes nicettes aux cheveux verts et naines. Je suis chez elles, ici !

Encore humide, la paroi du rocher est comme un minuscule jardin aquatique uniforme et resplendissant. Je me remplis de cette énergie. Je l’emmagasine, je garde en moi cette force magnifique.

Une promesse de l’été à venir faite en cette journée si singulière.

 

 

La météo et nous.

fée clochetteA moins d’être une créature complètement éthérée se nourrissant de pétales de roses et de larmes d’escargots, toute créature vivante est sensible aux conditions météo du lieu qu’elle habite.

On sera tous bien d’accord là dessus.

Un Parisien sera un peu désolé de voir encore un ciel gris quand il se lève le matin, mais son quotidien ne s’en verra pas spécialement bouleversé, sauf s’il avait justement prévu un pique-nique aux Tuileries. Qu’il pourra reporter au lendemain.
Et s’il veut vraiment que les rayons du soleil lui réchauffent ses vieux os après un hiver si humide, il prend sa VOITURE ou le train et en quelques heures il est dans le sud. Paris / Aix-en-Provence, 3 heures en TGV. Un autre monde.

Un Punta-Canien, se lassera peut-être un peu de voir qu’il fait encore beau ce matin, mais il se  fera une raison et n’y pensera plus.

Pour les SPMais,  entre une météo aussi « présente » et nous autres, petits humains qui n’aspirons qu’au bonheur, on ne peut même plus parler d’influence, mais plutôt de DICTATURE.

Notre vie entière, nos occupations, nos envies sont sujets aux caprices de la météo. Globalement, vivre à Saint-Pierre et Miquelon c’est se dire que rien n’est certain quand nos projets incluent un déplacement d’une île à l’autre, ou une activité en plein air. Vivre à Saint-Pierre et Miquelon, c’est oublier que les saisons existent et qu’il est parfois possible sur cette planète de sortir de chez soit en … T-SHIRT !!!

Bien plus que la petitesse des îles,

Plus que l’effectif réduit de notre population,

Plus que l’isolement,

C’est le climat qui pèse le plus lourd sur nos petites épaules.

Vent sur l'Ile aux Marins

Vent sur l’Ile aux Marins

Brouillard, froid, crachin, vent, vent, vent… Neige en automne, en hiver et au printemps … Vent. On attend l’été !

Les deux crapules en manque de vent !

Les deux crapules en manque de vent… Normal, ils venaient de passer 2 jours à St John’s !

Ok ok … ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort; ok … C’est souvent le dernier argument qu’il nous reste pour voir les choses de façon positive.

Peut-être qu’aujourd’hui je vais pouvoir sortir avec mon manteau ouvert ! ça va être la fête !

 

Port sans vent

Pas un pet de vent, quai Tabarly

Mais fi de tout cela !

Depuis ce matin je me prépare mentalement à un moment rare et délicieux : je vais aller COURIR-SANS-VENT.

Ailleurs, on appelle ça « Course à pied » tout simplement. Mais c’est une activité qu’on a rarement le plaisir de pratiquer en extérieur à Saint-Pierre et Miquelon.

Ici, la course à pied se pratique en général avec un bon 20-25 noeuds. Et ça change tout! Ce sont presque des sports différents  tant le but recherché diffère.

Quand vous courez-sans-vent, votre objectif est de tenir un rythme sur une distance, tout simplement.

Mais quand vous courez-avec-du-vent, vous devez AUSSI :

1) décider si vous prenez le vent de face à l’aller OU au retour,

2) réfléchir longuement à la tenue adéquate pour une sensation polaire avec le vent de face qui va se transformer en température acceptable un fois le vent dans le dos,

3) rester motivé puisque les deux thèmes de réflexion ci-dessus pourraient fort bien vous faire flancher.

4) et enfin, si vous avez passé l’étape 3 avec succès : garder votre optimisme et votre foi dans la vie quand vous vous prendrez les rafales dans la figure alors que vous  serez au bout de Savoyard.

Pour ma part, courir-sans-vent, ça m’arrive une dizaine de fois dans l’année, alors que j’essaie de courir trois fois par semaine. Faites le calcul si vous voulez, moi, je ne préfère pas !

Le reste du temps, on lutte. On se bat contre le vent; c’est épuisant et perdu d’avance.

Et  n’allez surtout pas croire que ça me fait un entraînement à la Rocky Balboa et qu’ensuite  je fends l’air comme une flèche quand je cours avec 5 noeuds. PAS DU TOUT !

Si vous n’avez jamais couru en biais, venez à Saint-Pierre et Miquelon.

Si vous n’avez encore jamais tenté de courir en vous appuyant sur le vent de face tellement il est fort;  si fort que vous avez l’impression qu’il vous retient de tomber : faites le voyage dans nos îles !

Pour conclure :

Le réchauffement climatique, on ne l’a pas encore vu,

L’augmentation du vent annoncé par les météorologues, ça, on l’a !

 

 

Chroniques de la banlieue, suite … Suivez le fil de laine

Je vois bien que vous n’êtes pas loin de vous dire « Quel spam cette fille là ! »

Non non non,  je ne vais pas écrire comme ça tous les jours, mes petits doigts galopant sur le clavier à brides abattues.

Poisson rouge

Mais il se trouve que j’ai une mémoire de poisson rouge et que c’est maintenant que je dois écrire sur ma semaine dernière, sinon, c’est fichu.

Que j’envie les gens qui ont de la mémoire !… Ceux qui se souviennent de leurs voyages, des dates de ces derniers, mieux encore, du NOM des lieux visités, de l’HÔTEL où ils résidaient. La folie ! … Moi, je dirais que j’ai le kit de survie, pas plus. C’est triste, mais c’est comme ça.

On vit avec.

Je suis une tricoteuse. Une tricoteuse frénétique même. Et quand ça me passionne, rien ne m’arrête, c’est d’ailleurs à ça que l’on reconnait la passion, n’est-ce pas ?

De passage à Halifax pour le travail, j’allie l’agréable à l’agréable pour faire la tournée des boutiques de tricot.

Halifax rue boite postale

 

C’est facile, il y en a deux qui valent le détour dans la province : l’une à Mahone Bay, à une heure d’Halifax (en roulant comme un Français, sinon c’est un peu plus long) et l’autre, en ville, sur Young Street.

 

C’est cette dernière que j’ai visitée cette fois et vraiment… quel bonheur !!! Louise et sa collègue se font leur chemin comme nulles autres dans la boutique pleine à craquer de laines et fils de toutes sortes. Des dizaines de marques, des centaines de nuances et de texture. J’étais au Nirvana. J’en suis sortie avec de quoi tricoter pour les 6 mois au venir, au moins. Châle, étole, gilet, et re-châle.

Et pendant ce temps là, mon mari , le-plus-patient-des-hommes, a fait le tour du quartier. Et le quartier est charmant. Quartier, c’est beaucoup dire, disons bout de rue, mais c’est très mignon.

Halifax rue Hydrostone

Le nom de l’endroit est Hydrostone Market.  Les concepteurs ont voulu donner au lieu un petit air de ville européenne (European shopping experience) et c’est assez réussi :

un bistrot,

une boulangerie française « chez Julien » – à ne pas confondre avec notre Julien à nous ! Chez Julien,

la boutique de laine,

une très très jolie boutique d’artisanat local,

Pour les gourmets : la boutique LIQUID GOLD. Passez la porte et partez en voyage au pays des arômes et des saveurs subtiles qui font de ces huiles parfumés un vrai plus à votre table. Egalement une belle gamme de vinaigres balsamiques.

Cuisiniers pressés : essayez l’huile parfumée aux champignons sauvages et à la sauge sur des petites pommes de terre nouvelles cuites en robe des champs. Trop bon.

Halifax boutique d'huile 2

Par beau temps c’est un bel endroit pour flâner et ça change des malls et de Barrington Street.

Halifax Boutique Jeune fille

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En banlieue de Saint-Pierre

Halifax ! …

Si vous vivez en métropole, c’est probable que le nom ne vous dise rien. Mais continuez à lire, vous verrez qu’il y a une vie en dehors du Québec.

Si vous vivez à Saint-Pierre et Miquelon, c’est votre plaque tournante quand vous voyagez mais j’espère vous donner envie de visiter quelques endroits qui me plaisent là bas. Et connaitre les vôtres !

Halifax est la capitale d’une des provinces canadiennes situées tout à côté de Saint-Pierre et Miquelon, en banlieue de Saint-Pierre, quoi, la Nouvelle Écosse.

Pour beaucoup c’est surtout un aéroport de transit, le sas d’accès pour Bavaro Beach ou Playa del Carmen.

Image

Même pétrifiée sous un froid polaire et un vent-comme-chez-nous Halifax se transforme alors en une douce étape, une parenthèse de quelques heures avant de prendre l’avion vers des cieux plus cléments.

C’est en cette période de l’année, en mars avril, au « printemps » que nous y passons en masse. Blancs comme des frigidaires ou « préparés » aux UV, nous déboulons les valises presque vides mais le moral au top. Prêts à tout affronter pour quelques heures de shopping propres à remplir nos bagages de bikinis, sandales, lunettes, shorts à fleurs, etc.

Le rituel est toujours le même. Salutations de circonstances à l’aéroport de Saint-Pierre, l’avion plein à craquer décolle … et se pose 1h30 après.

A partir de là, c’est chacun pour soit, survival of the fittest, on fonce au MicMac Mall, au Halifax Shopping Center, au centre ville.

Une sensation de libération, il faut bien le dire: entourés de gens que l’on ne connait pas et qui ne nous ont jamais vu. La première vraie sensation de vacances. On retrouve un état des plus banal pour peu que l’on vive dans une ville de plus de 10 000 habitants et qu’on ne soit pas régulièrement en couverture de Elle : l’ANONYMAAAAAAT !!!!!!!!!! Le début du bonheur.

Après une belle contribution à l’essor du commerce halifaxien on est prêt pour des vacances de rêve.

On se retrouvera 10 ou 15 jours plus tard, bronzés, voire cramés ( de retour à SPM, les bains de soleil sont moins garantis, alors on met le paquet !) toujours dans ce même aéroport d’Halifax.

Avec quand même un peu les boules de rentrer, parce qu’on sait tous très bien, que le cocktail soleil + chaleur, on ne va pas en reprendre de sitôt.

Chroniques de la banlieue, suite et fin pour cette fois

Hydrostone Market, c’est sympa mais tout petit. Il faut aller voir ailleurs : Downtown Halifax !

Les avis sont partagés sur le centre ville d’Halifax. Moi j’adore !

Spring Garden, Barrington, Dresden, Grafton, Argyle, Granville, Hollis … elles sont pleines de petits trésors.

Halifax Rue Spring garden Halifax rue Barrigton 1

Alors bien sur, on n’y trouvera pas de petits coins charmants et fleurant bon le XVIIème siècle comme un peu partout dans la Vieille Europe😉. Ici, tout est jeune.

On apprécie tout autre chose : la population  détendue et souriante, les arbres  hauts et omniprésents, les automobilistes jamais pressés et courtois. Même le cimetière de Spring Garden (un cimetière en plein centre ville !!!) a sa place.

Halifax, le cimetière de SpringGarden

Une photo d’octobre 2013; Les feuilles ne sont pas encore sorties !

Car s’il y a une ambiance dans le centre ville d’Halifax, elle ne vient pas vraiment de l’architecture et de l’urbanisme, elle vient des gens.

 

Nina la dame au chapeau assise sur un banc pour profiter des premiers rayons du printemps est intriguée par ces deux français qui photographient l’imposante statue de Winston Churchill. Trop heureuse de tomber sur des Saint-Pierrais elle nous charge de passer le bonjour à des gens d’ici qu’elle a bien connu.

Elle nous parle de son attirance pour les chapeaux, elle en a toute une collection. Elle nous explique pourquoi et comment cette représentation de Churchill est arrivée là.

« Ça s’passe comme ça sur Sring Garden »… On est de passage, mais accueillis,  presque comme chez nous… En voisins, en connaissance de connaissances  » Ahhh, you’re from Saint-Pierre !!… »

On est en Amérique du Nord côté Canadien:  les vendeurs de hotdogs sont installés sur le trottoir, dans le meilleur des cas, les jeunes portent des sweats shirts aux initiales de leur école.

Dans le meilleur  des cas, parce qu’on reste sidérés, décidément, on ne s’y fait pas: tous ces gens en t-shirt et short par 4° nous estomaquent !

On est là, nous, transis de froid, l’écharpe montée jusqu’au nez, les gants, le manteau boutonné jusqu’en haut. Et on croise des tas de gens, surtout des jeunes, qui visiblement se sentent à l’aise en manches courtes et tongs.

T-shirt 4 °

On a essayé d’y voir plus clair.

On a interrogé des gens et obtenu deux réponses principales :

–  » c’est cool d’être en t-shirt quand il gèle ça montre qu’on est résistant »,

–  » je n’ai pas eu le courage de trouver mes vêtements chauds » sous entendu parmi la butte qui jonchait le sol de ma chambre. Aussi simple que ça…

Dont acte, mais ça nous laisse perplexes.

Un choc culturel, probablement.

 

 

Je me demande régulièrement comment définir Saint-Pierre et Miquelon. La réponse est longue et compliquée et se complète presque tous les jours.

Et voilà Hert Leblanc qui vient nous apporter sa vision des choses !…
C’est assez typique, très intéressant, mais même s’il lui fallait une rime, NON on ne boit pas « du vin douze heures par jour » à Saint-Pierre et Miquelon.

Allez, … on s’en fiche, c’est une chanson, pas une thèse de sociologie ! Vive Hert Leblanc !!!

Saint-Pierre et Miquelon, …. Une vision inédite